RAPPORT D’ACTIVITÉ 2025

Liste des Abréviations

CDBFConseil de Discipline Budgétaire et Financière
CRGPClub Régional de Gestion Publique
DGDirection Générale
DGIGEDirection Générale de l’Inspection Générale de l’État
DGTDirection Générale du Trésor
DPDirection de la Prévention
DPEDirection du Patrimoine de l’État
DTDirection Technique
EFAEmployés Fonctionnaires Assimilés
EPNÉtablissements Publics Nationaux
GACGestionnaire d’Activités
LFILoi de Finances Initiale
MEFMinistère de l’Économie et des Finances
ODDObjectif de Développement Durable
ORDSECOrdonnateur Secondaire
PRMPPersonne Responsable des Marchés Publics
PTFPartenaires Techniques et Financiers
SIIGFPSystème d’Information Intégré de Gestion des Finances Publiques
SNLCCStratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption
SOAService Opérationnel d’Activités
TDRTermes de Référence

I N T R O D U C T I O N

L’année 2025 a été particulièrement marquée par des manifestations de la population, déclenchées par des aspirations à une vie meilleure, à la justice et à la stabilité. Cela a conduit non seulement à un changement institutionnel mais aussi à une nécessité de procéder à une refondation totale afin de bâtir un État intègre et unifié.

A cet effet, le renforcement de la discipline budgétaire, à travers une gestion efficace, transparente et responsable des Finances Publiques, notamment via le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière (CDBF), est essentiel.

 

A titre de rappel, le CDBF a pour rôle principal de sanctionner toute atteinte aux règles régissant les finances publiques ou les violations des règles en matière de gestion des fonds publics commises par les ordonnateurs de recettes et de dépenses. Il a aussi un rôle préventif, ayant pour objectif, d’une part, de mobiliser les autorités compétentes à saisir le CDBF en cas de constatation de faute de gestion et d’autre part de sensibiliser et d’éduquer les acteurs budgétaires à tous les niveaux en vue de promouvoir la culture de bonne gouvernance par l’adoption d’un comportement responsable et intègre.

 

Le présent document communique les performances et les progrès réalisés en matière de lutte contre les mauvaises gestions commises par les acteurs budgétaires tout en rappelant les points importants à savoir sur le fonctionnement du CDBF.

 

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

En matière répressive, la performance du CDBF s’apprécie notamment par le nombre des décisions rendues par la suite de l’instruction des dossiers auxquels il doit statuer.

En tout, au cours de l’exercice 2025, quatre (04) sessions d’audience se sont tenues durant lesquelles quatre (04) décisions d’amendes ont été prononcées. Comparé à l’année 2024, une audience de plus a eu lieu. Ce qui s’explique par le fait que la liquidation des dossiers en instance a été privilégiée. Par contre, les dossiers de saisine parvenus au niveau du Conseil a connu une légère baisse étant donné que les activités de contrôle des finances publiques ne se sont intensifiées que vers la fin de l’année. A part le nombre des dossiers, l’amélioration de la capacité et de la durée de traitement a été déjà également priorisée, et ce, depuis l’exercice 2022. Malgré les avancements, des efforts restent à mobiliser afin de respecter le délai légal de deux (02) mois imposé par la Loi n°2004-006 du 26 juillet 2004 régissant le CDBF.

 Concernant les rôles préventifs, l’objectif est de déployer les moyens nécessaires dans le but de réduire les risques de fautes de gestion et afin de mieux préserver l’État de tout abus et gaspillage. Il s’agit notamment de sensibiliser les acteurs budgétaires à ne pas s’engager à des actes de gestion passibles de sanction devant le CDBF en leur rappelant les règles et textes en vigueur à travers des ateliers de sensibilisation, la diffusion de divers outils de communication. Durant l’année 2025, des séances de sensibilisation au niveau régional et au niveau ministériel ont été effectuées ayant permis de former plus de 2 100 acteurs budgétaires. Enfin, une part non négligeable des travaux liés à la prévention est consacrée aux études des textes et législation sur les finances publiques visant à combler les inefficacités et les défaillances en matière de gestion patrimoniale et budgétaire dans toute la sphère de l’administration.

Chiffres Clés 2025

4 Sessions
d’audience
tenues
4 Décisions
d’amende
prononcées
+2 100 Acteurs
budgétaires
sensibilisés

PRÉSENTATION DU CDBF

Organe répressif

Placé sous l’autorité du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le CDBF est un organisme en charge de la restauration de la discipline budgétaire à Madagascar. Il est actuellement régi par la Loi n° 2004-006 du 26 juillet 2004 portant réorganisation et fonctionnement du Conseil de Discipline Budgétaire et Financière.

 

L’adoption du Décret n° 2017-564 du 12 juillet 2017 portant organisation et attributions des différentes structures auprès du CDBF a marqué le début de son opérationnalité. Le changement essentiel apporté étant l’introduction du volet préventif ayant pour but de mieux protéger l’argent public par la promotion de la bonne gouvernance.

A titre de rappel, la première audience du CDBF a eu lieu en 2017.

RAPPEL DE L’OBJECTIF

La mise en place du CDBF répond à l’exigence de partage de responsabilité dans la chaîne de l’exécution des recettes et des dépenses publiques. En effet, depuis plusieurs années, malgré l’existence des diverses autorités de contrôle garantissant l’efficacité, la transparence et la bonne utilisation des deniers publics, les mauvaises gestions commises, notamment par les ordonnateurs restent impunies faute de structure apte à sanctionner ces agissements. La mise en place du CDBF permet ainsi d’instaurer la culture de redevabilité et de responsabilité de ces acteurs de recettes et de dépenses publiques en vue d’une bonne gouvernance au sein de l’Administration Publique à Madagascar.

L’existence du CDBF contribue à la mise en œuvre des défis et orientations stratégiques liés à la lutte contre la corruption à Madagascar. En outre, elle s’inscrit dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD) 16 se rattachant à la mise en place de la paix, justice et Institutions efficaces à tous les niveaux.

Finalités et enjeux stratégiques

La mise en place du CDBF vise notamment à:

  • renforcer la responsabilité des acteurs chargés de l’exécution des recettes et des dépenses publiques ;
  • lutter contre les pratiques de mauvaise gestion et l’impunité ;
  • promouvoir la bonne gouvernance financière au sein de l’Administration publique.

MISSION PRINCIPALE

Le CDBF a pour principale mission de lutter contre les fautes de gestion commises par les acteurs budgétaires au cours de l’exécution des dépenses et des recettes publiques.

RÉPRESSION DES FAUTES DE GESTION

Elle se base sur l’examen et la sanction des fautes de gestion commises, notamment par les ordonnateurs de recettes et de dépenses.

PRÉVENTION DES FAUTES DE GESTION

Il s’agit de mettre en place un dispositif permanent visant à réduire les risques d’apparition des fautes de gestion à travers des activités d’Information, d’éducation et de communication des acteurs budgétaires.

ORGANISATION ET STRUCTURE

Le CDBF est un organe rattaché auprès du Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Il se compose de deux (02) structures dont :

  • Le Conseil ;
  • La Direction Générale.

Le Conseil

Le Conseil est l’organe délibérant. Sous l’autorité du Président, il a pour mission d’examiner les fautes de gestion et de prononcer les sanctions d’amendes. Le Conseil est composé de :

  • Un (01) président ;
  • Cinq (05) membres permanents dont un Inspecteur d’État, un Administrateur civil, un Inspecteur des impôts, un Inspecteur des douanes, et un Ingénieur des travaux
    publics ;
  • Quatre (04) membres ès-qualité composés par le Directeur Général de l’Inspection Générale de l’État (IGE), le Directeur général du Contrôle Financier (DGCF), le
    Directeur Général du Trésor (DGT), le Directeur Général en charge des dépenses publiques (actuellement le Directeur Général du Budget et des Finances).

La Direction Générale

La Direction Générale (DG) du CDBF est chargée d’examiner les fautes de gestion à travers l’investigation des dossiers de
saisine. De même, le Directeur Général assure le rôle de rapporteur au cours des audiences. Par ailleurs, la DG est le
responsable des actions préventives des fautes de gestion commises par les acteurs budgétaires en vue de réduire les risques. Enfin, elle assure l’organisation administrative et le fonctionnement général du CDBF.

MÉCANISME DE SAISINE

Conformément aux dispositions de la Loi régissant le CDBF, ce dernier ne dispose pas de pouvoir d’autosaisine. Les personnes ayant qualité de saisir le CDBF sont limitativement énumérées par l’article 13 de la Loi n° 2004-006 du 26 juillet 2004.

Autorités de saisine

  • Le Président de la République ;
  • Le Président du Sénat ;
  • Le Président de l’Assemblée Nationale ;
  • Le Président de la Haute Cour Constitutionnelle ;
  • Le Premier Ministre, Chef du
    Gouvernement ;
  • Les Ministres chargés des finances et du budget ;
  • Le Président de la Cour des Comptes ;
  • Le Directeur Général de l’Inspection Générale de l’État ;
  • Le Directeur du Contrôle Financier ;

Autorités de saisine

  • Le Directeur Général du Trésor ;
  • Le Directeur Général en charge des dépenses publiques ;
  • Les membres du Gouvernement ;
  • Les Gouverneurs des provinces
    autonomes ;
  • Les Maires ainsi que les représentants de l’État auprès des provinces autonomes, régions et communes ;
  • Les Directeurs et Présidents du Conseil d’Administration ou d’organismes soumis à la réglementation de la comptabilité publique.

Circuit de traitement des dossiers

Procédure de Référence

En principe, un délai légal de deux (02) mois est imposé au
CDBF pour traiter les dossiers de saisine qui lui sont parvenus.
Après la tenue de l’audience, il assure également le suivi de
l’effectivité des décisions rendues.

 PERSPECTIVES